CENDRILLON – OU N’ÊTES-VOUS QU’IMAGE ET NE FAÎTES QUE PARAÎTRE


_ synopsis

Cendrillon – ou n’êtes-vous qu’image et ne faites que paraître est une adaptation du Cendrillon de Robert Walser qui nous propose une remise en question de la notion de destin.Peut-on faire quelque chose pour se libérer des schémas convenus, des histoires connues et normées ? A-t-on réellement la liberté de choisir sa destinée ?

Ces questionnements très contemporains se reflètent à merveille dans la pièce de 1901 de Robert Walser. L’auteur choisit de suspendre l’action au beau milieu du conte de Cendrillon, d’offrir à la figure la liberté de comprendre et exprimer ses désirs.

Le spectacle prend corps au sein un temps dilaté : cet instant clef où Cendrillon se rend compte que son destin est sur le point de basculer, moment où le dénouement, bien que connu, n’est pas encore tout à fait certain.

Pendant une heure et vingt minutes acteur·rices, professionnel·les et amateur·rices, mènent ensemble la danse : ils invitent, inventent, suggèrent, incarnent, débattent. L’action prend corps au sein d’un dispositif immersif créé pour l’occasion où public et comédiens se mêlent, pour partager cet instant précieux.

_ générique

D’après Cendrillon
de Robert Walser (1901)

traduction
Anne Longuet Marx
Éditions Zoe
Collection Mini Zoe

un projet de
Simon-Elie Galibert
conçu en collaboration
avec l’artiste plasticien
Arthur Geslin

mise en scène
Simon-Elie Galibert

avec
Leïla Muse
Achille Reggiani
et les amateur.ice.s locaux

dramaturgie
Juliette de Beauchamp

dispositif scénographique
et costumes
Arthur Geslin

création et régie son
Matthieu Fuentes

travail du corps
Yumi Fujitani

conception technique et réalisation costumes
Julie Keyser

assistée de
Émilie Cuzin

construction
Gesture

photographies
Simon Gosselin

remerciements
Maya-Lune Thieblemont

durée
1h20

photographies SImon Gosselin

_ intentions

Le théâtre de Robert Walser est à la croisée de nombre de mes obsessions artistiques. L’auteur pensait ses pièces impossibles à monter mais il me semble que seule l’époque, l’esthétique théâtrale d’alors, et ses contemporains, l’en empêchaient. En 2023, au contraire, Walser apparaît comme un visionnaire, un avant-gardiste : le théâtre a cheminé lentement jusqu’à lui, a fini par le rejoindre, à grands renforts de recherches formelles, d’expérimentations, de simplification des formes ; au point qu’il m’apparait aujourd’hui, ici et maintenant, impossible de ne pas monter Walser.

Sa puissance réside dans l’écho qu’il entretient avec le monde qui nous entoure : mécanique déréglée qui se cherche un ou des nouveaux centres, dans lequel les figures sociales sont floues, les rôles s’échangent, les genres se troublent pour le meilleur. Mais dans cette effervescence de la pensée, notre époque semble avoir besoin d’une pause, d’un temps. Ce que Walser, propose déjà à ses contemporains : ralentir et ressentir.

« Cherchons la trace du sentiment,
que nous avons perdu dans la hâte
ordinaire. Nous ne découvrons pas
facilement la douceur. Cela nécessite
une infinie patience comme la raison le permet
à peine. »

En réécrivant les contes il s’attelle à les mettre en orbite, à leur donner la hauteur de la philosophie. Arrimées au sol par l’imaginaire collectif, la fable, les figures se proposent une libération provisoire, un flottement salvateur où ensemble elles mettent en perspective nos positions, au sein d’un poème concret, matériel.

La pièce-poème de Walser est un outil de révélation, elle agit comme un filtre posé sur le réel. Par la parole elle révèle et dévoile, se débarrasse des faux semblant et éveille la communauté d’humains réunis. Elle dénude le théâtre, et tente de trouver la recette alchimique pour révéler le temps présent.

Avec pour proposition un concept plastique techniquement autonome et déployable dans les lieux non-dédiés, nous avons à cœur de proposer un théâtre qui, à l’image de la poésie walsérienne, se construit à vue, matériellement, par additions ou soustractions.Jouer dans des espaces non-dédiés, patrimoniaux, modernes comme historiques, permet ainsi de laisser apparaître le théâtre là où il semble n’être pas.

Se nourrissant de la virtuosité de l’auteur, dans l’écriture de son poème, mais aussi de sa marginalité, son humilité, son accessibilité immense, nous tentons de créer un temps, ensemble, une cérémonie théâtrale, sans illusion démesurée, au premier degré de la parole et de la présence. Nous travaillons sur ce projet en compagnie d’amateur.ice.s locaux au milieu des professionnels dans un geste ininterrompu de transmission entre l’auteur, l’acteur.ice et l’amateur.ice, et le public.

Nous veillons à ne surtout pas formaliser l’interprétation mais bien plus guider les amateur.ice.s, trouver avec chacun.e la distance adéquate à l’« incarnation » de ces images d’Épinal dissonantes.Cendrillon s’imagine donc à la fois comme une série de rencontres et une création hors les murs. Se nourrir de l’ici et maintenant étant notre principale préoccupation, la pièce se révèle finalement prétexte à se réunir, se reconstruire ensemble.

Simon-Élie Galibert
mai 2024


_ mentions de production


une production
venir faire

en co-production avec
La Comédie de Béthune
CDN des Hauts-de-France

Oposito – Le moulin fondu
CNAREP – Garges-les-gonnesses

avec le soutien artistique du
JTN – Jeune Théâtre National

avec le soutien du
Conseil Régional
des Hauts-de-France

et du Département du
Pas-de-Calais

La Comédie de Béthune – CDN Hauts-de-France a bénéficié d’une
aide exceptionnelle de la
DRAC – Hauts-de-France pour l’expérimentation Artistique et Culturelle du projet Cendrillon

Accueils en résidence
Le Moulin Fondu – CNAREP
Comédie de Béthune
Studios de Virecourt
La Fonderie – Le Mans
Le bercail – Dunkerque

Création le 3 MAI 2024
au palace (Lillers) – dans le cadre de la saison itinérante de la comédie de béthune